Never with U – La chanteuse de “The Do” se lance en solo et devient “Prudence”

Quarantink – Jour 6 « Prudence »

Le 20 mars 2020, Olivia Meriahti alias “Prudence” sortait sa première chanson “Never with U”. Le style est radicalement différent de la musique de “The Do” même si on y retrouve quelques ressemblances.

“I am my own boss” prévient Prudence. Dans un clip à l’ambiance “nuit et néons” rappelant les films futuristes des années 80, elle se transforme en super-héroïne, casque sur la tête et combinaison de latex, pour aller sauver son homme.

La musique est minimaliste, à l’instar des compositions de “the Do”. Elle vient simplement soutenir la voix d’Olivia Meriahti. Pendant les refrains en revanche, on ne peut s’empêche de faire le parallèle avec “Fairy Dust”, de Tove Lo.

Il falloir encore attendre pour écouter son album, aucune date n’est annoncée pour le moment.

Des journaux de confinement à la frontière du réel

Quarantink – Jour 5 « frontière »

Leïla Slimani pour Le Monde, Lou Doillon pour France Culture, Marie Darrieussecq pour Le Point, les bien nommés « journaux de confinement » se multiplient depuis le début de la semaine. Problème : Ils affichent un confinement idéalisé, en décalage avec la réalité.

« À quoi bon la science-fiction » écrit Marie Darrieussecq, « cela ressemble aux histoires qu’on invente à Hollywood » pour Leïla Slimani : le constat est le même, cette situation exceptionnelle dépasse la fiction. La crise donne l’occasion à ces deux écrivaines de composer des textes autobiographiques aux allures de contes de fées depuis leur maison de campagne, en Normandie ou au Pays Basque.

Confinées dans leurs belles maisons de campagne

Personne ne leur réfute la beauté des scènes qu’elles décrivent. Leur contribution sur la vie en confinement sont revanche critiquées pour l’indécence des textes. Les protagonistes y vivent leur meilleure vie pendant que d’autres sont dans la dure réalité de la crise : ceux qui n’ont pas les moyens de fuir à la campagne et restent confinés dans leur 10m2 parisien ou bien le personnel soignant mobilisé contre le virus.

En réponse à ces textes que certains pensent décalés par rapport à la gravité de la situation, des parodies sont apparues sur Twitter, comme celle de @Mmaestracci :

Sur le site de Marianne, l’écrivaine Diane Ducret peint un tableau plus terre à terre : « Depuis ma fenêtre, on ne voit pas le ciel. L’immeuble d’en face est sale,les rues vides me filent des angoisses cafardeuses. » Dans son commentaire, elle avoue avoir fait le parallèle entre Leïla Slimani et Marie-Antoinette. Pour elle, « la crise sanitaire agit comme un révélateur d’inégalités sociales » et déplore que « sitôt que notre chère, si chère liberté est remise en cause, l’égalité se montre un idéal et non une réalité. »

L’art du transitoire à Gare des Mines

Le 3 février 2020, l’état décernait le label « fabrique de territoire » à 80 tiers-lieux en France. La Station Gare des Mine, animée par le collectif MU, en fait partie. Mais malgré l’engagement institutionnel, l’avenir de la Station est incertain. Reportage à Porte d’Aubervilliers.

Il est 17 heures à la Station, les ingénieurs du son s’affairent pour mettre la main aux derniers réglages avant le début de la soirée. Au programme, concerts live et musique électro. On est à quelques semaines seulement de la fin du bail accordé par SNCF Immobilier le propriétaire des lieux.

« Urbanisme transitoire » et précarité foncière

La Gare des Mines c’est une ancienne une gare à charbon. Il ne reste aujourd’hui qu’un bâtiment en briques rouges, noircies par la pollution, qui borde le rond point de la Porte d’Aubervilliers. Laissé à l’abandon pendant plusieurs années, la gare est réhabilitée en 2015. Un collectif installe une scène musicale expérimentale. La Gare devient « la Station » . Une expérience qui, comme le rappelle le directeur du site David Georges François, ne devait durer que 6 mois :

Mais même après 3 ans et demi, la Station est toujours dans une certaine précarité :

Attention, zone sensible

La station n’est pas seulement une scène, elle accueille également des artistes. Daniel Rotsztain est canadien, il se définit comme un géographe urbain. Il travail sur un projet de cartographie de la banlieue parisienne. Joint au téléphone à Toronto, il nous livre ses impressions sur le quartier de la Station, une zone de rupture avec la capitale :  

« La première fois que j’arrivais à Porte d’Aubervilliers, je venais de Paris et j’étais en vélo. Pour moi, le périphérique marque un profond changement dans l’espace. Les bords des banlieues donnent l’impression de s’effondrer sur la limite de Paris. »

« C’est comme un phare. Quand je marchais dans sa direction, c’était comme un point d’ancrage. Je voyais tous les gens venir de toutes les directions vers ce lieu et qui étaient différentes du reste. C’est comme si le centre de Paris se déplaçait à l’extérieur. Normalement, c’est l’inverse. »

La Station est un lieu à part, coincé entre une zone commerciale et le boulevard périphérique. La Porte d’Aubervilliers, c’est aussi une zone sensible comme le rappelle Romuald. Il habite depuis 9 ans dans le quartier Charles L’Hermite, situé à quelques centaines de mètres de la station :

Un grand chantier pour transformer le quartier est entrepris à partir de cette année. Il devrait palier ces problèmes de sécurité. Un changement vu d’un bon œil par les habitants. Odette Dalfraz, gardienne de l’école primaire de Charles L’Hermite témoigne :

Gare des Mines « no future »

Dans ce contexte, le caractère éphémère est un atout pour le futur propriétaire de la Station, Paris Métropole Aménagement. L’entreprise publique attend désormais que le réaménagement du quartier soit achevé pour engager de nouveaux projets. C’est-à-dire, à l’horizon 2022. d’ici là, David Georges François entend bien saisir toutes les opportunités :

Les espaces transitoires contraignent à réfléchir à court terme, une source frustration pour certains. Mais en contrepartie, leur faible coût et leur image de liberté attirent beaucoup. Le public comme les artistes.